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Rappel du contexte
L’île est séparée de fait de la Chine communiste depuis 1949, Taïwan est toujours considéré par Pékin comme une de ses provinces.
Pékin refuse qu'un siège à l’ONU soit donné à Taïwan, s'appuyant sur une résolution de l'Assemblée générale de 1971 qui avait attribué le siège du pays au gouvernement de la République populaire de Chine.
L'atmosphère entre Taïwan et la Chine s'est réchauffée depuis l'arrivée au pouvoir en mai du président Ma qui s'est engagé à améliorer les relations avec Pékin mises à mal par son prédécesseur pro-indépendantiste.
A la mi-juin, lors des premières discussions directes entre la Chine et Taïwan depuis 1995, leurs émissaires avaient signé à Pékin des accords prévoyant la mise en place des vols réguliers entre leurs territoires ainsi qu'un plus grand accès de l'île aux touristes chinois.
La Chine est le premier partenaire économique de Taïwan, avec un volume d'échanges l'an dernier de 102 milliards en dollars.

Visite du négociateur en chef chinois à Taïwan
Le négociateur en chef chinois chargé des relations avec Taïwan, Chen Yunlin, est arrivé lundi à Taipeï pour une visite très symbolique censée consacrée le réchauffement des relations entre les deux rivaux.
Accompagné d'une délégation de responsables et hommes d'affaires chinois, le président de l'Association pour les relations entre les deux rives du détroit de Taiwan (ARATS) doit s'entretenir avec le président taïwanais Ma Ying-jeou.
Les discussions porteront principalement sur des sujets économiques, en particulier le développement du tourisme.
Cette visite de cinq jours, la première d'un responsable chinois à ce niveau depuis près de 60 ans, a été placée sous haute sécurité après la visite mouvementée d'un adjoint de M. Chen le mois dernier dans l'île.
Zheng Lingqing avait été chahuté par des manifestants pro-indépendantistes hostiles à sa présence.
La Chine et Taïwan vont échanger des animaux rares en signe de réchauffement de leurs liens, a indiqué samedi un négociateur taïwanais.
La Chine fera don à Taïwan de deux pandas et recevra deux saro, une espèce de daim unique à l'île, d'après Kao Koong-lian, secrétaire général de la fondation des échanges du détroit.
Ces pandas géants, âgés de quatre ans, ont été secourus au Sichuan après le séisme de mai dernier, alors qu'une grande partie de la réserve de Wolong a été détruite.
Pékin avait déjà offert de donner deux pandas baptisés "unification" à Taïwan en mai 2005. Le nouveau président Ma Ying-jeou est dans des dispositions plus favorables que son prédécesseur.
Premier vol régulier entre la Chine et Taïwan
Le premier vol direct régulier entre la Chine et Taïwan depuis 1949 s'est posé début juillet à Taïpei, symbolisant le réchauffement des relations entre l'île nationaliste et le continent après des décennies de tensions.
Depuis 2003, seuls quelques vols, à l'occasion de fêtes nationales, avaient été jusque-là autorisés.
L'établissement de vols réguliers concrétise une promesse de campagne du nouveau président de Taïwan, Ma Ying-jeou, partisan d'un rapprochement avec la Chine communiste, et mieux disposé envers Pékin que son prédécesseur Cheng Shui-bian. Il a été élu en mars dernier.
Les discussions directes entre Taipeh et Pékin ont été rompues pendant près de dix ans, la Chine refusant de traiter avec Cheng Shui-bian, qu'elle soupçonnait de vouloir pousser l'île à déclarer son indépendance officielle. La ligne pro-indépendance de ce président avait non seulement irrité Pékin mais aussi les Etats-Unis, principal soutien militaire de Taïwan.
Désormais des touristes et hommes d’affaires peuvent faire des allers-retours entre les deux pays.
Pékin, Canton et Xiamen (sud-est de la Chine) comptent une importante communauté d'affaires taïwanaise.
Les liaisons directes entre les deux parties avaient été interrompues depuis la fin de la guerre civile en 1949. Taïwan est séparée de la terre ferme par un détroit de 100 kilomètres de large, mais les Taïwanais qui souhaitaient se rendre sur le continent devaient transiter par un pays tiers ou Hong-Kong. L'atmosphère entre Taïwan et la Chine s'est réchauffée depuis l'arrivée au pouvoir en mai du président Ma, qui s'était engagé à améliorer les relations avec Pékin.
A la mi-juin, lors des premières discussions directes entre la Chine et Taïwan depuis 1995, leurs émissaires avaient signé des accords prévoyant la mise en place des vols réguliers entre leurs territoires ainsi qu'un plus grand accès de l'île aux touristes chinois.
Les questions politiquement plus sensibles avaient été laissées de côté comme la signature d'un traité de paix et les centaines de missiles que Taiwan accuse la Chine de pointer vers elle. La Chine avait proposé de traiter "d'abord les choses faciles, puis les difficiles". Actuellement, la Chine s'oppose toujours à l'adhésion de Taïwan aux Nations unies ou à d'autres institutions internationales.
Si Ma Ying-jeou souhaite une amélioration des relations avec la Chine, il est cependant opposé à toute idée de réunification. Il a tout de même souligné, pendant sa campagne électorale, être favorable à la signature d’un traité de paix, à condition que Pékin retire ses missiles pointés sur l'île.
Il espère que l'arrivée des touristes chinois sera bonne pour l'économie de Taiwan tandis que l'organisation de vols directs économisera du temps et de l'argent pour les très nombreux Taïwanais qui vivent et qui travaillent en Chine et utilisent pour l'instant des vols via Hong-Kong ou Macau.
Les sociétés de Taiwan investissent des milliards de dollars sur le continent, attirées par le faible coût du travail et la communauté de langue et de culture.
Les Etats-Unis n’ont pas respecté leur promesse sur le gel des ventes d’armes à Taïwan
Des informations révélaient que de hauts responsables américains retenaient un projet de ventes d'armes de 11 milliards de dollars et une livraison de dizaines d'avions F-16 à Taïwan, potentiellement jusqu'à la fin du mandat du président George W. Bush.
Mais on a appris récemment qu’en raison de la vente par Washington pour 6,5 milliards de dollars d'armement à Taïwan, la Chine a annulé toute une série de contacts militaires et diplomatiques avec les Etats-Unis.
Le contrat annoncé prévoit la livraison à Taïwan d'armes sophistiquées, dont des missiles téléguidés et des hélicoptères d'attaque.
Pour la Chine, qui considère Taïwan comme une province sécessionniste, cette vente d'armes américaines constitue une ingérence intolérable.
Pékin promet de recourir à la force en cas de sécession formelle de l'île.
Or toute invasion de Taïwan par la Chine risquerait de provoquer une guerre avec les Etats-Unis, dans la mesure où Washington s'est engagé à venir en aide à Taïwan si l'île était menacée.
Sources : AP, Reuters, AFP